25 ans de protection ???

Dans son édition du 17 janvier 2004, le journal La Presse publiait un cahier spécial :

25 ans de protection de l’enfance au Québec. Le Québec a sans doute raison de fêter l’adoption de cette loi en laquelle je croyais et à laquelle j’ai contribué. En effet, j’ai toujours cru que les enfants sont notre plus grande richesse. Ils sont les trésors les plus précieux que l’on doit protéger et chérir.

Mais c’est avec amertume que j’ai lu ce cahier… Car si les principes de la loi sont excellents son application ne l’est pas toujours.

En effet, en 1999, j’ai vu une enfant arrachée à l’amour de ses grands-parents pour être placée dans une famille d’accueil. J’ai vu la régression de cette enfant. J’ai senti sa souffrance suffisamment pour tenter désespérément de multiples démarches auprès de plusieurs collègues et à divers paliers administratifs et politiques. Rien n’y fit! Cette enfant est toujours dans une famille d’accueil malgré tous les efforts des grands-parents et de la famille élargie qui ont utilisé tous les moyens juridiques à leur portée.

Je n’ai rien contre les familles d’accueil. Je crois, bien au contraire, qu’elles sont précieuses et indispensables! Comme j’ai œuvré en éducation toute ma vie, je sais pertinemment que plusieurs de ces familles ont protégé et même sauvé un grand nombre d’enfants. Quand l’État joue véritablement son rôle par le biais du Directeur de la DPJ et de ses délégués il se substitue à des familles qui ne peuvent assumer leurs responsabilités et offre aux enfants le substitut dont ils ont besoin ! Cela est indispensable. Il nous faut prendre soin de ces enfants. Mais quand l’État se substitue à la famille élargie et se permet d’enlever aux grands-parents une enfant qu’ils choyaient depuis sa naissance pour la placer dans une famille inconnue, quand l’État sépare, sans raison valable, les familles plutôt que de les aider et de les supporter, il me semble que c’est un abus de pouvoir. Et cet abus est dramatique.

Dramatique parce que des enfants sont séparés brutalement de ceux qu’ils aiment. Cette séparation est souvent la perte de tous les référents affectifs positifs qu’ils avaient. Elle privera ces enfants de l’amour auquel ils avaient droit et dont ils ont tant besoin! Dramatique aussi parce que ces enfants n’ont que leurs pleurs, leur refus d’apprendre et leurs comportements déviants pour se défendre ou crier leur détresse! Dramatique parce que, de cette façon, le Québec produit ainsi de futurs délinquants pour demain.

Malheureusement, les pouvoirs liés à la Loi sur la protection de la jeunesse sont trop grands. Lorsque, en vertu de cette loi, des services assument la responsabilité d’un enfant, ils ont, à toutes fins pratiques, des pouvoirs «absolus». Ils peuvent décider, et cela malgré la décision d’un juge, d’empêcher des grands-parents de voir leur petite fille, d’interdire que les grands-parents reçoivent leur petite fille le jour de Noël, d’empêcher des sorties éducatives ou culturelles, etc. Et cela, sans que quiconque puisse savoir pourquoi! Combien d’organismes jouissent d’un tel pouvoir dans les démocraties

Je pourrais comprendre ces positions dures si les grands-parents avaient des dossiers judiciaires ou pouvaient, de quelque façon, nuire à cette enfant. Mais cela n’est absolument pas le cas. Une expertise professionnelle a même confirmé leurs aptitudes à protéger et à encadrer cette enfant. Même le juge de première instance dans son jugement a déclaré ceci : «  Plusieurs éléments militent en faveur d’un placement en famille d’accueil. Mais son plus grand obstacle réside dans l’attachement très prononcé qui relie la fillette à ses grands-parents. Dans le contexte instable où elle se trouvait, l’enfant a vu en eux sa seule source de sécurité. Aussi, l’éloignement risque-t-il d’être très douloureux pour elle. » C’est cette douleur que vivent certains enfants et leurs souffrances qui me conduit à questionner certaines pratiques actuelles en Protection de la jeunesse. Et l’immense difficulté que les citoyens ont à se faire entendre face à des décisions qu’ils considèrent comme injustes et inappropriées. La Loi du silence couvre ces services. Toute personne qui veut contester leurs décisions se bute à des obstacles infranchissables. Dans la très grande majorité des cas les contestations font face à une «machine implacable». Une véritable Omerta !

Les pratiques actuelles posent aussi problème parce que les ressources humaines de l’État sont limitées. Pendant que des services de l’État empêchent des grands-parents de s’occuper de leurs petits-enfants, d’autres enfants ont besoin d’aide et ne la reçoivent pas. Combien d’enfants n’ont pas reçu assez rapidement l’aide nécessaire

Quand on œuvre en éducation, on connaît des délais d’intervention qui amènent même des éducatrices et des éducateurs à douter de la valeur des références. Combien d’enseignants ou de directions d’établissement ai-je entendus sur ce sujet? Il me fallait toujours rappeler l’obligation légale qui leur est faite : nous devons signaler dès que nous avons des doutes sérieux concernant la sécurité ou le développement d’un enfant ! Plus j’avance… moins j’ai le goût d’insister, moins j’y crois! Nous sommes trop taxés selon l’avis de plusieurs acteurs sociaux et nous n’avons pourtant pas les ressources financières nécessaires pour aider véritablement TOUS les enfants qui en ont besoin. Combien de dizaines de milliers de dollars le cas de cette enfant a-t-il coûté à l’État? Dans quel but? Pour empêcher des grands-parents de la classe ouvrière de s’occuper de leur petite-fille! Seraient-ils trop vieux parce qu’ils ont 60 ans? Est-ce que leurs méthodes d’éducation conviennent aux services de l‘État? Peut-être sont-ils évalués négativement… Jusqu’où l’État peut-il aller?

J’ai moi-même un peu plus de 60 ans et trois petits-enfants. Je me révolte à la pensée que je pourrais vivre demain ce que vivent ces grands-parents. Et je sais que je serais aussi impuissante qu’eux devant une machine étatique qui dérape.

Pourtant, je connais bien les organisations éducatives et les divers services d’aide à l’enfance et à la famille : douze ans d’enseignement à l’Université comme professeure en Gestion de l’Éducation et presque autant comme chargée de cours ou coordonnatrice de programmes, plusieurs années de pratique en milieu scolaire comme directrice générale de commission scolaire, directrice d’établissement ou comme enseignante. Malgré mes connaissances dans le domaine de l’éducation des enfants, je me sens démunie devant les pratiques abusives de la machine étatique parce que je n’ai aucun moyen de contester des décisions désastreuses pour une enfant du Québec, pour une enfant que je connais et que j’aime.

Aussi, me permettrez-vous de fêter seulement quand je saurai que le Québec a limité les pouvoirs reliés aux pratiques des services liés à la protection de l’enfance et de la jeunesse, que le Québec supervisera ces pratiques et assurera que les services de l’État soient d’abord des services d’aide aux familles et non des interventions punitives. Je fêterai quant l’État donnera à tous ceux et celles qui subissent des préjudices causés par l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse la possibilité de faire valoir leurs arguments et d’être écoutés. Je fêterai quand le Québec accordera aux grands-parents qui sont aptes, s’ils le souhaitent, le PRIVILÈGE de s’occuper de leurs petits-enfants quand les parents de ces enfants ne peuvent le faire.

 

JANUS

L’autre visage du système québécois de la protection de la jeunesse

Vous avez vu le documentaire de Paul Arcand « Les voleurs d’enfance ». Le grave problème social qui y est exposé remet en cause notre façon de concevoir et d’assurer la protection de nos enfants. Ce film suscite beaucoup d’émotions et il démontre de façon flagrante la nécessité urgente d’un débat public. En réponse, l’Association pour le Respect des Droits des enfants, des parents et des grands-parents du Québec a fait signer une PÉTITION réclamant une enquête publique et une évaluation en profondeur de tout le fonctionnement du système de la protection de la Jeunesse. Grâce à un travail persévérant de nos bénévoles et de la collaboration de la FCADEQ de l’Est du Québec, nous avons recueilli 13,600 signatures. Cette pétition a été présentée à l’Assemblée Nationale par Monsieur Mario Dumont le 13 juin 2006 Nous remercions tous nos généreux collaborateurs pour les résultats obtenus !

 

 

 


 

 

 



Dans ce même ordre d’idée M. Bernard Favreau, sociologue, vient de publier un ouvrage qui propose des formules novatrices, afin d’améliorer les interventions qui aideront plus adéquatement nos jeunes en difficulté.

Janus, un livre essentiel pour aller plus loin dans la résolution d’un drame qui nous concerne tous. Ce livre nous montre l’autre visage du système québécois de la protection de la jeunesse.


 

 

LA FAMILLE : DEVRAIT TOUJOURS ÊTRE LA PREMIÈRE RESSOURCE

Pour renseignements ou pour vous procurer un exemplaire du livre :
L’Association pour le Respect des Droits des Enfants, Des Parents et des Grands-Parents du Québec

 

 

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